« Le Prince des Marées » de Pat Conroy

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Quelle magnifique découverte que ce roman !! Je suis ravie d’avoir rencontré, grâce à ces pages, l’univers de Pat Conroy, auteur que je ne connaissais pas et qui m’a fait vibrer du début à la fin.
La personne qui me la offert m’a dit : « Ce livre est celui que j’aurai aimé écrire. » Comment ne pas s’y intéresser alors…
Ecrit dans les années 80, ce roman est à ce jour, un des livres qui m’a le plus touchée, d’une part par l’écriture, la fluidité avec laquelle Pat Conroy écrit et son style sont remarquables, mais aussi par l’histoire et toute la passion avec laquelle l’auteur l’a écrite.
Je pense que ces quelques phrases ont déjà piqué votre curiosité, je ne vous fais pas attendre plus longtemps pour vous faire découvrir cette petite perle.
Tout commence avec la présentation du narrateur, Tom Wingo, un prof de sport, marié et père de famille qui apprend, catastrophé, que sa sœur jumelle, Savannah, vient de se faire interné en hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Loin d’être le premier malheureusement, cet appel au secours de sa sœur lui fait prendre aussitôt un billet d’avion pour New York. Sur place, un choc de taille : les médecins refusent de le laisser prendre contact avec sa sœur mais une médecin, une psychiatre souhaite le rencontrer afin d’en apprendre un peu plus sur le passé de cette femme fragile qui retranscrit les éléments de son passé à travers des poèmes d’une qualité évidente.
Pendant plusieurs semaines, Tom va donc, non sans quelques réticences, dévoiler à cette parfaire inconnue les méandres d’un passé chaotique et riches de secrets.
C’est ainsi que nous suivons l’enfance puis l’adolescence de Tom, Luke et Savannah.
Sur une île du comté de Colleton en Caroline du Sud, ces trois enfants pleins de vie grandissent entre un père violent et une mère aigrie de ne pas avoir la vie de luxe qu’elle désirait.
Les souvenirs se suivent dans la tête de Tom laissant présager des évènements terribles, des traumatismes que l’on soupçonne et qui en font une lecture passionnante. Chaque étapes de leur vie y sont décrites, certaines faisant sourire, d’autres pleurer…
Tom tente tant bien que mal malgré une retenue évidente, d’éclairer les lanternes de cette psychiatre et de part ces révélations, Tom va découvrir une face cachée de sa sœur qu’il ne soupçonnait pas ou du moins se forçait-il à ne pas la voir.
Ce roman est incroyablement bien écrit. Cette histoire de vie m’a émue au point d’y penser encore. Le talent de Pat Conroy se trouve dans le fait que la description des personnages, leurs vécus et leurs ressentis deviennent si réels que le lecteur partage pleinement leurs vies, leurs souvenirs et leurs peurs. Chaque fait relaté devient sien au lecteur et l’attachement aux personnages devient évident.
Je ne peux que recommander ce livre et si vous ne connaissez pas encore cet auteur, foncez !
Vous ne pourrez qu’apprécier la plume et le talent de l’auteur et ressortir de ce livre rempli d’émotions.
Un petit extrait pour vous donner un avant goût…
« A cause d’une défaillance endémique de mon identité masculine, j’étais simplement incapable d’avoir épouses ou maîtresses. Il me fallait de suaves ennemies susurrant de sanglantes berceuses dans la chambre d’enfants, des meurtrières en robe printanière me traquant l’arme au poing pour me débusquer de mes clochers. Pour me sentir bien, il fallait que je perçoive une désapprobation à mon égard. Quelque effort que je fisse pour me hisser à la hauteur des ambitions qu’elles nourrissaient pour moi, je ne pouvais jamais prétendre à une réussite parfaite, et c’est ainsi que je m’habituai à ce climat d’inévitable échec. Je détestais ma mère, et pour me venger d’elle, je donnai son rôle à ma femme. De Sallie, j’avais fait une subtile version, plus rusée, de ma propre mère. Comme ma mère, ma femme avait fini par me regarder avec un soupçon de honte et une déception patente. La configuration et la teneur de ma faiblesse détermineraient la rage de leur résurrection ; mon échec forgerait leur force, leur épanouissement, leur délivrance. »

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« Sortie Noire » de Christian Laurella

Un thriller aujourd’hui pour mon retour sur la toile. Un roman envoyé par les éditions Taurnada qui a éveillé ma curiosité.
Daniel vit en prison depuis vingt ans. Les années carcérales ont eues raison de lui et c’est un homme droit et raisonné qui se voit accordé une mise en semi-liberté. Redécouvrant la vie à l’extérieur lors de ses journées de travail, Daniel reprend peu à peu goût aux contacts humains mais une ombre au tableau vient perpétuellement hanter ses pensées : les raisons de son incarcération. Une amnésie totale des années précédant son emprisonnement l’empêche de se rappeler le crime pour lequel il a été inculpé ainsi que sa vie de famille.
Vingt ans derrière les barreaux peuvent entraîner des perturbations de l’esprit et Daniel s’est créé un modèle de vie de famille durant son séjour en prison. Ses journées carcérales sont rythmées par les appels et les sorties dans la cour mais également par son quotidien familial auprès de sa femme et de ses deux enfants, ces derniers, tout droit sortis de l’imaginaire de Daniel, l’accompagnant du réveil au coucher.
Et si ses rêves de famille idéale créés en prison n’étaient en fait que le fruit de vrais souvenirs ?

 

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Parallèlement au suivi de Daniel, nous rencontrons Marlène, domestique d’une riche veuve Elisabeth. Les jours se suivent et se ressemblent jusqu’au jour où sa maitresse reçoit une lettre que Marlène décide d’ouvrir en cachette. Cette dernière stipule la mise en semi-liberté d’un certain Daniel Pessard. Devant l’énigme soulevée et le trouble évident de sa maîtresse à la lecture de cette lettre, Marlène décide de mener sa propre enquête pour ainsi découvrir qui est ce fameux Daniel Pessard.
Son enquête ne sera pas vaine et ce qu’elle va découvrir va lui glacer le sang…
Un thriller bien mené. J’aime me mettre à la place des personnages, ressentir leur effroi et leurs inquiétudes, tenter de deviner qui peut être l’auteur des crimes. J’ai donc été quelque peu déçue de voir que la plupart des suspens étaient révélés trop vite mais j’avoue avoir été étonnée de la fin, croyant l’avoir devinée, j’ai été surprise par les rebondissements.
J’ai passé un bon moment avec ce livre et j’ai beaucoup apprécié découvrir le personnage de Daniel qui devient de plus en plus attachant au fil du livre et qui dégage une vraie humanité.
Je remercie les éditions Taurnada pour l’envoi de ce roman et pour la découverte de cet auteur Christian Laurella.

 

 

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« Portrait d’après blessure » d’Hélène Gestern

 

Hélène Gestern m’avait déjà transportée dans son roman « Eux sur la photo« . Sa capacité à nous faire revivre le passé grâce à une photo et à y mêler suspens et sentiments démontre bien son talent d’écrivain.

Lorsque j’ai lu le résumé de ce roman sorti en Septembre et vu que le thème tournait encore autour d’une photo mais dans un tout autre contexte, je n’ai pas hésité une seule seconde à l’acheter.

Dans ce roman, Hélène Gestern nous parle de l’impact que peut avoir une photo prise au dépourvu sur la vie privée et professionnelle des protagonistes. Olivier et Héloïse se trouvaient dans le métro pour aller déjeuner ensemble lorsque l’explosion d’une bombe les plongent dans le chaos et la terreur. Les cris, l’obscurité, la vie s’arrête pendant plusieures minutes. Olivier tente de sauver Héloïse et à leur arrivée à l’extérieur, alors qu’Héloïse est inconsciente dans les bras d’Olivier et que celui-ci ne cherche qu’une chose, du secours, un photographe leur vole ce moment de faiblesse et va, par cette photo, faire exploser une deuxième bombe dans leur vie; plus insidieuse et perverse, traumatisante et portant atteinte à leur dignité.

 

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Après avoir réparé les blessures corporelles, Olivier et Héloïse vont devoir affronter les blessures que va leur apporter le quotidien à travers les regards, les sous-entendus et les jugements portés par leurs entourages.

Le droit à l’image est une chose mais qu’elle porte atteinte à la dignité de l’être humain en est une autre. Ce livre expose merveilleusement bien le ressenti de ces deux êtres, pris au dépourvu, montrés via les médias dans leur plus grande fragilité et leur façon de le gérer au quotidien. Le poids des regards, la honte qu’on leur ai volé cet instant pourtant si intime et la honte vis à vis de leurs conjoints, familles et collègues.

Mais s’en suit une belle lutte pour tenter de se faire entendre et réclamer justice. Une lutte face aux plus grands qui nous force à nous pencher sur toutes ces photos prises dans de tels moments d’horreur, sur toutes ces personnes immortalisées sur ces clichés qui n’ont en rien demandé à être prises en photo. Certes, c’est grâce à de telles photos que l’information se diffuse, choque et permets à la population de constater les dégâts des guerres, attentats ou toutes autres catastrophes. Mais en y réfléchissant, personne ne pense à ces gens sur les photos et à l’impact dans leur vie que vont avoir ces dernières.

Hélène Gestern nous parle du viol de l’intimité de ces deux protagonistes et de ce que le droit à l’image provoque parfois autour de lui.

Un roman à lire et qui fait réfléchir.

Bonne lecture

 

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Welcome in Toulouse!!!

photo(6) Chers lecteurs, lectrices, blogueurs, blogueuses, pardonnez ce silence de plusieures semaines pendant lesquelles le blog était aux abonnés absents…La blogosphère m’a terriblement manquée et c’est avec un immense plaisir que je reviens parmi vous.

Le blog fait sa rentrée dans une nouvelle ville: Toulouse!!

Et oui! Je viens d’y emménager tout récemment et je suis bien décidée à reprendre l’écriture de ce blog dès maintenant!

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la ville rose, je vous joins des photos de mes premières balades et elles représentent bien à quel point Toulouse est une ville agréable. Les gens sont charmants, serviables et souriants, les rues sont animées, verdoyantes et aérées et les bouquinistes y sont à profusion pour mon plus grand bonheur.

photo(4)La place du Capitole est devenu mon QG pour mes moments lectures aux terrasses des cafés…

J’espère que cette ambiance m’apportera le meilleur et ainsi me permettre de vous communiquer de la bonne humeur.

Pleins de nouveaux articles sont en attentes comme vous l’imaginez, certaines lectures datent tellement qu’il est fort possible qu’elles restent sans articles, mes souvenirs se faisant moins précis avec le temps.

Mais les prochains articles arrivent très vite et avec eux de nouvelles découvertes d’auteurs, certains m’ayant contactés récemment pour me communiquer leurs romans et j’ai hâte de les découvrir pour vous les faire partager.

J’espère que tout se passe bien de votre côté, j’ai hâte de vous lire et d’échanger à nouveau.

photo(5)A très vite!!

 

 

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Muchachas 2!!!!!

muchachas-2-de-katherine-pancol-avisVous attendiez la suite ? La voilà ! Muchachas 2 !!

J’imagine que vous êtes nombreuses à suivre cette trilogie et à avoir attendu comme moi la sortie de chaque tome ! Car oui, le 3 est sorti la semaine dernière et j’ai hâte de le découvrir même si cela signifie que la trilogie sera terminée.

Mais pour l’instant, parlons un peu de ce deuxième tome.

Dans le premier, nous avions découvert Stella, ferrailleuse téméraire désireuse de découvrir les secrets de son passé et de faire face à son père, homme terrorisant et agressif.

Joséphine et Hortense y faisaient un bref passage, chose qui m’avait étonnée au départ, mais dans Muchachas 2, toute l’histoire se concentre sur ces deux dernières.

En effet, Hortense vit aux Etats-Unis et espère plus que jamais trouver l’idée génialissime qui lui fera créer la ligne de vêtements que tout le monde s’arrachera. Obsédée par ses créations, elle passe le plus clair de son temps à dessiner et à décortiquer de la tête aux pieds les tenues des femmes dans la rue.

Son compagnon, pianiste en pleine ascension, fatigué du comportement narcissique d’Hortense, se concentre sur l’audition tant attendue dans laquelle il jouera en compagnie d’une violoniste de son école dont le talent incontestable cache une histoire difficile et touchante.

On retrouve ici les caractères bien définis de chacun des protagonistes de la première trilogie : Hortense égocentrique, Joséphine sa mère, manquant cruellement de confiance en elle (flash back sur le passé avec de nouvelles révélations palpitantes !), sa deuxième fille et ses émois amoureux et tant d’autres à découvrir.

« Un instant, elle se sentait forte, libre, audacieuse, il lui semblait même qu’elle était jolie, intelligente et puis… il se produisait un incident, un presque rien, une pensée l’assombrissait, elle était témoin d’une scène dans le métro, dans la rue, elle entendait une remarque, la transformait en critique personnelle et c’en était fini. Elle se sentait abandonnée, perdue et, plus que tout, fautive. Elle avait fait une bêtise. Elle ne savait pas laquelle mais ce devait être sa faute.

Sûrement sa faute. »

Cette nouvelle trilogie porte bien son nom : les femmes y sont à l’apogée, elles y sont mises en valeur, leurs comportements analysés et leurs failles démystifiées.

Leurs sensibilités et leurs histoires font l’âme de Muchachas et l’on devine bien sûr que ces femmes vont se retrouver dans le troisième tome pour ne former qu’une seule et même histoire.

« Il suffit de faire exactement le contraire de ce que tu fais, pense Hortense. De prendre appui sur soi et non sur les autres. Je ne veux pas être heureuse à cause d’un homme ou d’un sombrero qui passe par là, hola, muchacha ! Te quiero ! Je veux que mon bonheur dépende de moi seule, qu’il niche dans mes précieuses entrailles. »

 

Article publié sur So Busy Girls

 

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Coup de coeur pour le livre de Hollis Seamon « Dieu me déteste »

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Il y a des livres qui marquent par leurs sujets, l’émotion qui s’en dégage et leurs protagonistes.

« Dieu me déteste » en fait partie sur bien des points et détonne par son thème et le lieu où il se déroule.

New-York, hôpital Hilltop, service soins palliatifs… Richard Casey y vit ses derniers jours. Mais les derniers jours d’un adolescent de 18 ans, cela ressemble plutôt à l’envie de faire la fête, boire, fumer et avoir son premier rapport sexuel. Surtout lorsque le temps vous est compté.

Ces quelques jours au service des soins palliatifs vont donc devenir pour Richard une course contre la montre pour faire en peu de temps ce que la plupart des adolescents, insouciants du temps qui passe, font en quelques mois voir quelques années.

En compagnie de Sylvie, jeune adolescente du même âge et sujette à la même échéance,  Richard va tenter de déjouer les pièges et interdits de l’hôpital pour tenter de rajouter de la vie là où ne peut rajouter de temps.

Fugue, alcool, bagarres et premier émois d’une histoire d’amour naissante vont pimenter ce service avec parfois la complicité de certains membres du personnel, ces derniers étant à la fois partager entre leur conscience professionnelle et l’affection portée à ces deux ados.

On ne que se prendre d’affection pour Richard et Sylvie qui présentent tous deux une force et une rage de vivre hors du commun. Malgré la maladie, Richard rassure sa mère autant que possible et profite de ses rares absences pour faire les quatre cents coups avec son oncle, roi des astuces en tous genres.

Etant moi-même du corps médical, j’ai été touchée par la présence et l’implication des infirmiers et aides-soignantes. Malgré la distance professionnelle nécessaire dans ces cas-là, l’humain prend le dessus et nous fait découvrir une solidarité touchante.

Plein d’humour et d’autodérision, ce livre touche autant par son sujet difficile que par l’amour et l’espoir qui s’en dégage.

Ce n’est pas parce que la vie est plus courte que prévue qu’elle doit s’arrêter avant qu’elle ne soit partie.

« Dieu me déteste » est à la fois le cri de Richard contre l’injustice qui le touche mais aussi sa revendication à vivre aussi pleinement que possible.

Hollis Seamon nous offre sa vision de ce monde qu’elle a découvert en accompagnant son fils dans ses derniers moments. Un monde d’ados dans un monde hospitalier. Un bel hommage à tous ces jeunes partis trop tôt qui par leur force nous font faire une belle révérence à la vie.

Cet article est à retrouver sur le webzine littéraire Logo-LIL-New

L’Ecole de l’Absolu: une volonté de renouvellement du monde littéraire

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Je souhaitais vous présenter aujourd’hui L’Ecole de l’Absolu, un courant littéraire né sur les bancs de la Sorbonne désireux de retrouver les vraies valeurs de la littérature en mêlant théâtre, poésie et roman à l’heure où la littérature contemporaine envahie nos bibliothèques.

Contactée récemment par leurs membres afin de me faire découvrir leurs idées, je suis ravie de vous offrir cette interview qui permettra, je l’espère, de les aider à se faire un peu plus connaître.

 

DL : Comment vous est venu l’idée de créer l’Ecole de l’Absolu et que représente-t-elle exactement ?

EA : Aly : L’idée m’est venue en comparant le roman contemporain, et les formes de roman historiques. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque-chose, parce que la littérature contemporaine semble avoir perdu en puissance.  J’avais lu des textes de Ganimula, et je savais qu’il serait partant. Je lui en ai parlé quelques jours plus tard, ainsi qu’à Mathilde Allain, et tous les deux ont tout de suit été emballés.

Bon, actuellement, les gens lisent du roman, du théâtre, ou de la poésie. Mais on voit que ces genres ont une fin. On l’a vu au Xxe, avec les tentatives des surréalistes sur la poésie, du Nouveau Roman, et les différents théâtres qui sont apparus et l’ont déconstruit. A présent, nous voulons faire quelque-chose d’autre, mais qui a déjà existé, sans qu’on lui donne de nom. Nous, on l’a nommé, c’est le dénoncé. C’est un genre absolu, qui est à la fois roman, théâtre et poésie. Cela a déjà été fait, par exemple dans les épopées antiques.

On a choisi l’auto-édition. Elle nous donne plus de liberté, et de choix.

L’Ecole représente pour nous, une possibilité. C’est un moyen d’atteindre de nouveaux livres. On veut offrir autre-chose à nos lecteurs. Quelque-chose plus… digne d’eux. Qui leur apporte véritablement quelque-chose.

L’Ecole, est aussi, avant tout, une recherche, d’où son nom.

DL : Pourquoi ce nom ?

EA : Aly :  Cela nous désigne, nous sommes un groupe, recherchant le genre absolu.

Le nom vient de la théorie de Genette, un critique du Xxe, encore vivant. Pour lui, il y a les genres, et au-dessus, il y a « l’archi-genre », c’est-à-dire un genre plus global, composé du narratif, du dramatique et du poétique. Mais la théorie de Genette me semblait incomplète. Son « archi-genre » a besoin d’autres appelations pour qu’on le comprenne bien, et, en plus, il ne regroupe pas énormément d’oeuvres.

Au Xxe,  Chklovsky avait déjà parlé de  « genre absolu », qui dépasse roman, théâtre et poésie, et Artaud après lui. On a donc repris ce terme.

DL : Combien de personnes font parti de l’Ecole de l’Absolu ?

EA : Ganimula : On est trois. Il y a Aly, le fondateur, Mathilde Allain et moi. On a pour projet de s’aggrandir. On prévoit un quatrième membre d’ici l’année prochaine, mais rien n’est fait encore.

DL : Comment vous êtes vous connus ?

EA : Ganimula : On s’est connu à la Sorbonne. Moi je suis arrivé en septembre. Mathilde et Aly se connaissaient déjà depuis l’année dernière. On était devenu amis, avant l’Ecole. Ca s’est enchainé.

DL : Cette Ecole a moins d’un an ; comment évolue-t-elle depuis sa création et comment parvenez-vous à la faire connaître ?

EA : Mathilde Allain : L’Ecole évolue très rapidement. On a commencé en octobre. En février, I1, I2, I3, entre roman et poésie de Ganimula était édité. En mars on a eu les premières interviews, dans l’Ivre de Lire, au journal de Châtillon, et, en avril, dans Le P’tit Ecrivain. On a aussi édité Intimoratus, d’Aly, le premier dénoncé de l’Ecole, et on a d’autres écrits bientôt. On a plein de projets ! (rire) On a un site (ecoledelasbolu.fr) on écrit aussi sur un blog (http://ecoledelabsolu.blogspot.fr/), où l’on poste sur les films, les expos que l’on a aimés. On a aussi pour projet de faire un journal mensuel.

DL : Citez une phrase de la littérature qui vous touche particulièrement.

EA : Ganimula : « Mais en-dehors du dogme, toute liberté de recherche nous est permise », dans la partie III de la Tentation de Saint-Antoine. On l’aime bien, parce qu’elle représente ce que l’on veut faire, c’est-à-dire, rechercher quelque-chose d’autre, de neuf et qui nous corresponde. On veut offrir quelque-chose à nos lecteurs. Bon, bien sûr, on s’impose un minimum de règles ! (Rires.)

DL : Quelles genres de lectures aimez-vous ?

EA : Mathilde Allain : Ah, c’est compliqué ! (Rires.) Moi, j’aime beaucoup la littérature du XVIIIe. La liberté ! Celle des philosophes et des libertins. Ganimula, lui, il aime les textes archaïques. En particulier les religions. Et Aly, bah… comment dire… il prêche la curiosité, une certaine forme d’humanisme. Alors il lit Homère autant que les romanciers japonais, les gnostiques comme la sociologie ou l’anthropologie.

DL : Quels sont les écrits actuellement disponibles aux lecteurs désireux de vous découvrir ?

EA : Aly : Je viens de publier Intimoratus. C’est à propos d’une recherche initiatique, dans un monde bouleversé. On a aussi I1, I2, I3 de Ganimula. C’est sur l’absence. C’est dans un village, où les hommes ont disparu, et tout le monde les attend. On va aussi faire paraître Vyata, du même, et Le Rideau, de Mathilde, bientôt. On préfère pas trop en dire pour l’instant dessus.

DL : Qu’auriez-vous envie de dire aux lecteurs de littérature contemporaine ?

EA : Aly : De réfléchir, à ce qu’ils lisent. A leur participation dans la lecture. Et à ce qu’apporte réellement un livre.

DL : Auriez-vous un message à faire passer aux auteurs souhaitant se lancer dans la publication de leurs œuvres ?

EA : Mathilde : Oui. On veut leur dire de beaucoup travailler. (Rire) Non, en vérité, il faut faire ce qui nous plait, il n’y a que ça qui marche. Et aussi penser qu’un récit se compose d’une histoire et d’enjeux. Et non pas d’une simple trame narrative comme on le constate trop souvent.

 

 

Un grand merci à Aly, Mathilde et Ganimula pour cette interview.

 

 

 

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Muchachas, le dernier roman de Katherine Pancol

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Voilà le tout dernier roman et premier d’une nouvelle trilogie de Katherine Pancol.

Vous avez sûrement lu ou du moins entendu parler des trois tomes qui ont entre autres fait sa renommée, à savoir « Les yeux jaunes des crocodiles », « La valse lente des tortues » et « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ».

Je n’ai lu que le premier et n’ai pas terminé le second (la cause étant que l’on m’avait dévoilé la fin du deuxième tome et que je ne m’étais du coup pas replongée dedans ;)).

Les livres de Pancol sont toujours des succès : une écriture fluide, un style facile à lire. On se laisse porter par ses phrases et on se retrouve à la fin du roman en ayant l’impression de l’avoir tout juste commencé.

L’univers est plus glauque dans Muchachas que dans la première trilogie. On y retrouve comme promis certains personnages des livres précédents, à savoir Joséphine et Hortense principalement, mais leurs passages dans le livre sont éclairs et le lien avec le reste du roman n’est pas frappant.

Pancol nous parle surtout de Stella, une ferrailleuse vivant en Bourgogne dont le passé douloureux et terrible nous est conté dans les moindres détails. Un mère battue, une enfance traumatique, Stella fuit son passé tout en le vivant au jour le jour.

Elle évolue entre son travail, sa ferme à faire tourner et l’éducation de son fils avec la volonté de ne pas avoir à faire à son passé et de l’éviter. Les évènements vont ramener à elles des épisodes douloureux de sa vie d’enfant et d’adolescente et la véritable histoire de sa mère va enfin lui être révélée.

Cachée sous des vêtements d’hommes, Stella lutte perpétuellement contre la peur de son père, Ray, masquant cette dernière pour ne pas dévoiler ses faiblesses.

La volonté de sauver sa mère des coups de son père vont amener Stella à découvrir des vérités cachées depuis bien longtemps.

Ce livre parle de femmes battues, de traumatismes, de l’emprise d’un homme sur sa femme la forçant ainsi à se sentir dépendante et diminuée. Un livre dont certains passages ne sont pas toujours faciles à lire car violents et durs mais l’écriture de Pancol fait que l’on se plonge totalement dans cette histoire.

Le roman se termine de telle façon qu’on ne peut qu’avoir envie de sauter en librairie mercredi prochain pour acheter le second tome.

Je vous livrerai donc je l’espère la suite très prochainement.

Mon passage préféré :

« Parfois, les souvenirs déferlent sans crier gare. Ils surgissent en petites séquences tels des bouts de pellicule qu’on aurait coupée par-ci, par-là. Elle les reconnaît ou elle les redécouvre. Elle est assise devant un écran blanc sur lequel on projette sa vie.

Souvent, les boutons de pellicule déclenchent des torrents de pleurs. Elle sanglote, elle ne voit plus l’aiguille. Elle s’arrête. S’essuie les yeux. Se mouche. Reprend le va-et-vient.

Elle ne lâche pas le métronome. Elle a des suées. Ou des crampes au ventre. Ou envie de vomir. Mais elle continue à suivre l’aiguille sans rien faire pour échapper à la cadence qui la secoue, la réveille, la ramène loin en arrière ».

Cet article a également été publié sur le site des So Busy Girls

 

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« Les brumes de l’apparence » de Frédérique DEGHELT

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Si vous lisez régulièrement ce blog, vous connaissez mon amour pour les livres et l’écriture de Frédérique DEGHELT. J’ai lu « la grand-mère de Jade », « la vie d’une autre » et j’ai été conquise à chaque fois. Les messages de vie qu’elle fait passer sont magiques et les larmes me viennent systématiquement.
C’est pour cela que je me suis ruée en librairie dès la sortie de son tout dernier roman. Je n’ai même pas pris le temps de lire la quatrième de couverture tellement j’avais hâte de le commencer.
Dans « les brumes de l’apparence », Frédérique Deghelt nous parle toujours , comme elle sait si bien le faire, de la vision d’une vie différente à laquelle son protagoniste fait face.
Ici, Gabrielle, femme d’une quarantaine d’années vivant à Paris, mariée à un chirurgien esthétique et mère d’un adolescent, apprend, suite au décès de sa mère, qu’elle est l’héritière d’une maison en campagne.
Pour Gabrielle, avant même d’avoir vu cette demeure, le choix est fait ; hors de question d’avoir une maison secondaire dans un trou paumé, elle veut la vendre.
Arrivée sur place accompagnée du notaire et de l’agent immobilier, Gabrielle va se retrouver face à des sensations étranges, des visions flous, des voix. Présentée à sa tante dont elle ignorait jusqu’alors l’existence, elle va se découvrir membre d’une famille dotée de dons, de contact avec l’au-delà .
Gabrielle, pour qui sa vie cartésienne se résumait à organiser des fêtes dans Paris pour de riches clients et à passer de dîners mondains en soirées de galas, le choc est de taille.
Mais ces bouleversements vont amener notre narratrice à se pencher sur sa vie, sur ses vraies valeurs et sur ce qui la rend véritablement heureuse.
Entre introspection et découverte d’un don à la fois terrifiant et envoûtant, Gabrielle va bouleverser sa vie en l’espace de quelques semaines.
« Tout est une fête joyeuse et profonde qui raconte ce que nous oublions de comprendre. En ne faisant plus attention à la vie, à ce qui m’entoure, à ce qui se dit dans ce qui ne parle pas mais n’arrête jamais de dire, je ne me suis même pas rendue compte que tout était un cadeau. J’aimais ce que je faisais. Je n’avais pas de soucis majeur, j’étais comme protégée, et alors…Certaines vies sont ainsi : elles avancent au milieu des tempêtes , tout autour, d’autres souffrent, tombent, disparaissent, luttent, et ce n’est pas leur problème. Les maladies, la fatalité, les vies malmenées, tout est imputable au hasard, au travail, à la chance plus ou moins provoquée selon les jours, au bénéfice du doute. Je ne me suis jamais demandée pourquoi j’échappais à tout ça ; et si je devais remercier quelqu’un, et qui ? »
J’ai malheureusement été déçue par ce roman. En effet, n’ayant pas lu la quatrième de couverture, quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai découvert Gabrielle en pleine discussion avec les morts. Je ne suis pas contre la science-fiction, loin de là mais j’en ai été surprise venant d’un roman de Deghelt. Je ne m’attendais pas du tout à ça et je pense que cela explique en partie ma déception car il existe de bonnes surprises et d’autres moins heureuses.
Ces précédents romans étant tellement différents de ce dernier, j’ai fini de le lire sans grande émotion ni intérêt, malgré les frissons ressentis lors de certains passages.
Un peu déçue donc mais tout de même heureuse de voir qu’une auteure tel que Frédérique Deghelt soit parvenue à explorer d’autres genres littéraires.

Et vous, l’avez vous lu?

Bonne lecture!

Book Story: un nouveau concept pour permettre aux nouveaux auteurs d’être connus et publiés

logo_1 Où comment participer au tout début de la vie d’un roman et aider son auteur à se faire publier. Un nouveau site que j’ai découvert pas plus tard que ce soir et dont l’idée originale a attiré mon attention: Bookstory. Un site internet dédié aux nouveaux auteurs n’arrivant pas à trouver de maisons d’éditions souhaitant les publier et qui propose en version numérique leurs œuvres. L’originalité se trouve dans le fait que les lecteurs peuvent acheter en ligne les romans, les commenter et ainsi permettre à ces nouveaux écrivains de se faire connaître et augmenter leur visibilité. L’idée résulte également dans le fait de mettre en relation les auteurs avec des maisons d’éditions leur correspondant, cette rencontre étant difficile habituellement car les auteurs envoyant généralement leurs manuscrits dans les grandes maisons d’édition et les plus petites ne sachant pas trop où chercher de nouveaux auteurs. Vous achetez le livre numérique ( environ 6 euros lorsque le livre commence à être connu sur Bookstory), vous donnez votre avis et plus les avis sont bons, plus l’auteur à une chance d’avoir son roman publié en version papier. Plusieurs écrivains commencent maintenant comme cela, en version numérique, mais ici ce sont les lecteurs qui décident de qui sera publié. Une belle façon d’inverser la logique et que ce soit les lecteurs qui permettent à un livre d’être publié. Je ne suis pas spécialement une adepte de la version numérique mais le fait que cela puisse permettre à ces écrivains d’avoir leurs romans en version papier me plait beaucoup. Une bonne idée à mon sens qui ai trop tendance à lire les auteurs avertis. Désireuse et avide de découvrir de nouveaux auteurs, je voulais vous faire partager cette découverte car celle-ci peut être le moyen d’émerger dans la littérature pour ces auteurs encore inconnus du grand public. A nous de choisir les écrivains publiés de demain! Vous pouvez les suivre sur le blog également: logo-Bistory

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