« Le peuple des ombres, itinéraire d’un enfant migrant » de Kouame Adjoumani et Pascal Jacquet

 

J’ai eu la chance de pouvoir lire ce roman autobiographique de Kouame. Un roman auto édité que Kouame a écrit avec l’aide de son professeur de Français qui le suit dans le foyer où il vit maintenant à Toulouse.

Il nous livre ici son histoire terrible sur sa fuite de Côte d’Ivoire, sur sa migration forcée, sur ce qu’un enfant ne devrait jamais avoir à vivre ni aucun homme ou femme d’ailleurs.

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« Les réfugiates » de Roger Piva

Plusieurs semaines que je ne suis pas venue vous parler de livres et je m’en excuse. Les choses bougent beaucoup dans ma vie personnelle et du coup le temps me manque cruellement.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman autobiographique, l’adolescence de Roger Piva qui devint malgré lui un « réfugiate »; c’est comme cela que l’on appelait les personnes ayant fui la Lorraine pour ne pas prendre la nationalité allemande.

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« L’homme qui ment » de Marc Lavoine

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Autre roman sélectionné pour le mois de Juillet pour le Prix des lecteurs Livre de Poche. Marc Lavoine nous livre ici le récit de son enfance et se penche sur le personnage de son père, homme menteur, alcoolique, collectionnant les femmes mais malgré tout un père aimant.  Un père adoré mais qui le décevait trop souvent.

Quatrième de couverture:

« Tu vivais dans un film italien, comme si la vie n’était pas suffisante, pas assez colorée, pas assez tout court. Tu évoquais l’Algérie, ta frustration de ne pas avoir fait médecine à cause de … la guerre, l’argent, la vie et ton mariage peut-être trop tôt. En fait , tu noyais tous ces regrets dans le sexe des femmes, comme pour apaiser les douleurs de ta mémoire, pour soigner l’homme blessé de l’intérieur. Les filles, c’était du sirop, une médecine d’urgence pour apaiser les maux de l’âme et du cœur.  Ça pesait dans mon cartable, et je partageais ça avec mon frère, qui essayait de temporiser, évoquant les blessures de Lulu. Ça me calmait de façon passagère, mais ça ne changeait rien. »

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« Ma vie en suspens » de Susannah Cahalan: une histoire vraie terrifiante

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire vraie. L’histoire d’une jeune femme devenue folle sans raisons apparentes, l’histoire d’un cauchemar, d’une parenthèse terrifiante dans la vie de Susannah Cahalan. Elle nous livre ici le récit de ce qui lui est arrivé, de l’apparition des premiers symptômes jusqu’à sa guérison en passant par son séjour à l’hôpital et ses crises de violence et de paranoïa. Un récit bouleversant qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout.

Quatrième de couverture:

« Susannah Cahalan, vingt-quatre ans, se réveille entravée sur un lit d’hôpital. Incapable de bouger ou de parler, elle n’a aucun souvenir de la raison pour laquelle elle est là. Celle qui, quelques semaines plus tôt, était une jeune fille en bonne santé, vivant sa première relation sérieuse et promise à une brillante carrière de journaliste, se retrouve désormais cataloguée comme psychotique violente, abrutie de médicaments. Que s’est-il passé?

  Ma vie en suspens est l’histoire incroyable mais vraie d’une plongée inexplicable dans la folie. Susannah Cahalan sans fard et sans concession cette descente aux enfers et son combat pour reprendre le dessus, retrouver son identité. Adopte le point de vue de la journaliste, elle dresse la chronique de sa maladie: les crises de violence alternant avec un état de catatonie, les examens coûteux ne donnant aucun résultat, l’éventualité d’un internement à vie et enfin, après un mois de calvaire, l’arrivée d’un nouveau médecin dont le diagnostic lui sauvera la vie. »

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« Piaf, mon amie » de Ginou Richer

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C’est un livre magnifique que nous offre ici Ginou Richer, meilleure amie et confidente d’Edith Piaf pendant plus de 15 ans. Une déclaration d’amour et d’amitié, une confidence sur ses moments exclusifs avec Piaf qui nous dévoilent une part inconnue de l’étoile montante de l’époque.

Quatrième de couverture:

 »   Le récit émouvant de celle qui fut, quinze années durant, la plus proche amie de Piaf.

Paris, au sortir de la guerre: une jeune fille de seize ans se balade sur les Champs-Elysées. L’un des Compagnons de la Chanson, qui à l’époque accompagnent Piaf, l’aperçoit et tombe sous le charme de ses yeux verts. Bientôt l’adolescente rencontre la grande chanteuse – et une belle amitié voit le jour: Edith et Ginou, deux âmes soeurs…

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« Les mains du miracle » de Joseph Kessel

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J’ai un intérêt et une attirance toute particulière pour les sujets traitant de la Seconde Guerre Mondiale. Que ce soit des histoires de vie, des faits politiques, des romans ou des documents, dès qu’un livre traitant de cette période se présente à mes yeux, je ne peux m’empêcher de le lire. Cette période me fascine, m’interroge autant par l’horreur que par le courage de certaines personnes. Tenter de comprendre, d’en savoir davantage, dénicher des perles rares qui m’aideront à en savoir encore plus. Il est assez courant dans ce blog de découvrir des livres parlant de cette période de l’Histoire et je vous présente aujourd’hui, un roman de Kessel qui m’a fait découvrir un aspect jamais cité dans les livres d’Histoire, l’aventure d’un homme interviewé par Kessel lui-même, d’un médecin qui par son courage et son humanité a réussi à sauver des milliers de personnes.

Il s’agit de Félix Kersten, un médecin spécialisé dans les massages thérapeutiques. Désireux de se former toujours de plus en plus, son début de carrière est marquée par des rencontres incroyables qui, de part le partage des connaissances, lui permettent d’améliorer son toucher, d’affiner ses traitements et ainsi devenir un grand soignant. Reconnu par son talent, Kersten exerce en Hollande et en Allemagne.

Il est contacté un jour par une connaissance qui lui demande voire même l’implore d’aller faire une séance à un homme plus que redouté en Allemagne, Heinrich Himmler. Ayant toujours voulu éviter de se mêler de près ou de loin à la politique, Kersten hésite pour finalement accepter de rencontrer le chef de la SS en personne.

Les douleurs d’estomac dont souffre Himmler vont l’amener à vouloir engager Kersten comme médecin personnel.

Face à Kersten, Himmler est un patient comme les autres, devenant vulnérable lors des crises de douleurs. Ce dernier commence même à se confier sur des sujets politiques top secret lorsque les douleurs sont trop fortes et que le soulagement imminent des mains de Kersten se fait sentir.

C’est ainsi que ce médecin découvre avec horreur et effroi les projets du IIIème Reich, de Himmler et du Furher. Déportations, fusillades programmées, destructions des juifs, maintien de la race aryenne, tout un programme livré dans les détails dont l’exécutant principal se trouve entre les mains de Kersten.

Très vite, notre médecin se rend compte que grâce à sa position de soignant, il possède un pouvoir non négligeable sur le dirigeant des SS, un pouvoir insidieux lui permettant d’influer sur les décisions de Himmler au moment où la douleur se fait la plus forte. Sans avis politique ni engagement quelconque, Kersten va se sentir, par la force des choses, détenteur d’une quête, sauver le plus de personnes possible. Des amis au début, menacés de déportation ou de pendaison, puis des inconnus le contactant, connaissant sa relation et son influence sur Himmler. Puis les années passant et la confiance de Himmler grandissant envers son médecin malgré les tentatives de ses bras droits pour éloigner Kersten, il obtient des sauvetages de plus en plus conséquents, des déportations de milliers de personnes évitées, des fusillades annulées et j’en passe. Les mains du docteur Kersten, sa bonhomie et son talent de persuasion a permis à des milliers de personnes d’avoir la vie sauve.

Il y a beaucoup d’histoires comme celle du docteur Kersten, à savoir des personnes qui ont réussi par leur courage et leur résistance à éviter la mort à bon nombre de gens mais cette histoire est incroyable dans le sens où c’est au plus haut niveau de décision que le docteur est intervenu. C’est auprès de l’homme réputé pour être le plus impitoyable et le plus cruel du IIIème Reich que Kersten est parvenu à obtenir des clémences en se servant du pouvoir de ses mains au péril de sa vie.

Un livre incroyable que je conseille vivement, une histoire à connaître et à divulguer largement de part son humanité et son courage.

Bonne lecture!

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L’enfant noir de Camara Laye: un classique de la littérature africaine

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L’enfant noir ou l’éducation en Guinée, l’envie d’un enfant de faire des études et non de reprendre le travail à la forge dirigée par son père.

Ecrivain guinéen, Camara Laye nous livre ici un des grands classiques de la littérature africaine. Datant des années 50, ce roman autobiographique retrace l’enfance de l’auteur et ses premières années dans la ville de Kouroussa en Guinée.

D’après la quatrième de couverture, on s’attend à découvrir principalement un récit sur le parcours scolaire de cet enfant noir. Non sans en parler, Camara Laye nous parle surtout de son enfance, des traditions de son peuple, de la vie de tous les jours des enfants guinéens dans un pays où le travail manuel et les traditions sont prédominants.

Il nous emmène dans sa famille, dans ses initiations d’homme, dans ses rapports avec sa mère, femme reconnue et protectrice, et avec son père, tant aimé et respecté.

Au fil des quelques pages de ce livre, nous vivons comme un guinéen, nous mangeons, dansons, pensons comme un guinéen grâce aux descriptions emplies d’émotions et de vécu de Camara Laye.

Sa venue dans la capitale Conakry et son entrée dans une nouvelle école n’arrivent qu’en toute fin de livre mais l’intensité du déchirement entre famille et avenir fait prendre une toute autre dimension au roman.

On entre ici dans la vie d’un enfant, adolescent, qui porte une importance toute particulière à sa vie en communauté, au respect des traditions et des adultes, mais un enfant aussi sensible et entier, qui avancera grâce aux conseils de son père et de sa mère.

Un livre émouvant qui retrace parfaitement cette vie africaine et les rêves d’un enfant.

Bonne lecture !

Mon passage préféré :

« Sitôt après que nos aînés se furent assurés qu’aucune présence indiscrète ne menaçait le mystère de la cérémonie, nous avons quitté la ville et nous somme engagés dans la brousse qui mène au lieu sacré où, chaque année, l’initiation s’accomplit. Le lieu est connu : c’est, sous un immense fromager, un bas-fond situé dans l’angle de la rivière Komoni et du Niger. En temps habituel, aucun interdit n’en défend l’accès : mais sans doute n’en a-t-il pas toujours été ainsi, et quelque chose, autour de l’énorme tronc du fromager, plane encore de ce passé que je n’ai pas connu ; je pense qu’une nuit comme celle que nous vivions, ressuscitait certainement une part de ce passé. »

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Emotions et frissons avec « l’âme tatouée » de Raluca Sterian-Nathan

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Quelle belle découverte que l’on m’a offerte de lire !

Présenté sous la forme d’un journal intime, ce roman autobiographique nous plonge dans l’horreur du communisme en Roumanie après la Seconde Guerre Mondiale.

Enfant lors de l’occupation nazie, Raluca Sterian-Nathan nous raconte avec une extrême précision les difficultés liées aux pénuries, la peur permanente du gouvernement ainsi que les malheurs qu’une fille de cet âge ne devrait jamais connaître. Liée à sa mère par un amour inconditionnel, l’auteur nous fait part de ses déménagements fréquents, un coup chez sa mère, puis chez son père, de ses premiers amours et amitiés.

Elevée avec le rêve d’une vie meilleure, Raluca ne pense qu’à une chose, s’enfuir de Roumanie…Questionnée puis torturée pour vouloir quitter ce pays dangereux, elle garde malgré tout un optimisme et une rage de vivre incroyable. « Qu’est-ce qu’on doit trimbaler dans nos gènes pour être tellement accro à la vie ! »

Comédienne, médium à ses heures, belle et talentueuse, Raluca fait tourner les têtes en grandissant tout en jouant lors de ses différentes tournées mais toujours en gardant ce doux rêve en tête, partir pour la France.

Ce livre, malgré les malheurs qui s’acharnent et les horreurs de la guerre, est un terrible moment d’optimisme, où l’on se demande comment une femme ayant vécu tant de catastrophes, peut vivre sans être emplie de haine et de rancœur. Raluca aime la vie et nous le fait partager merveilleusement bien. « J’ai eu la chance de vivre sans illusions mais avec beaucoup d’espoir. »

Une femme qui a eu raison de s’accrocher et de croire en la vie, en sa vie, qui a toujours fait confiance au destin quitte à marcher à l’aveugle et à faire confiance à son ange gardien.

Comme le dit si bien André Bercoff en post-face, « l’Ame tatouée, c’est Alice au pays des merveilles et des horreurs. »

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Un grand merci à Florence Batisse-Pichet et aux Editions Archipoche pour m’avoir fait découvrir ce livre.

http://www.lesdedicaces.com/dedicace/salon-du-livre-de-la-mairie-du-xvie-arrondissement-de-paris-0

Editions Archipel 2008, Editions Archipoche 6 Novembre 2013

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Deux petits pas sur la sable mouillé d’Anne-Dauphine Julliand

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Ce livre est le témoignage bouleversant et plein d’amour d’une mère et de toute une famille face à la maladie d’une enfant, Thaïs, atteinte d’une maladie génétique rare et malheureusement dégénérative, la leucodystrophie métachromatique.

Alertés par une simple malposition du pied chez leur fille, les parents de Thaïs apprennent par des examens plus poussés que leur petite fille ne vivra malheureusement encore que quelques mois, ces derniers accompagnés par la perte motrice et la perte des sens progressive.

Enceinte de leur troisième enfant, désemparée et terrorisée, cette mère promet à sa fille qu’elle aura la plus belle vie possible et qu’elle sera entourée d’autant d’amour.

La vie s’organise et se maintient grâce à un amour sans mesure et s’adapte du mieux possible aux diminutions motrices et sensorielles de Thaïs.

Une deuxième mauvaise nouvelle accable cette famille, à savoir que leur deuxième fille, Azylis, qui vient de naître, est atteinte elle aussi de cette terrible maladie mais qu’une greffe de moelle peut peut être la sauvée. S’en suit alors des séjours interminables dans les hôpitaux, à la fois pour Thaïs qui régresse de jour en jour, mais aussi pour Azylis qui va subir une chimiothérapie afin de mieux accepter la greffe. Elle n’est alors âgée que de quelques semaines.

Combat magnifique de cette famille, de cette mère et ce père communiquant du mieux possible leur amour à leur petite fille qui va partir trop tôt et de ce grand frère, Gaspard, aidant du mieux qu’il peut cette petite sœur qui dit-il « vieillira plus vite ».

Ce livre émeut aux larmes mais n’est pas accablant de tristesse. C’est tout d’abord le récit édifiant d’un combat pour l’amour, pour la vie. Cette mère, épatante de part son courage, ne nous communique que son amour pour sa fille qu’elle ne verra pas grandir, son courage pour cacher sa tristesse face aux diminutions de Thaïs et pour « donner plus de vie aux jours quand on ne peut plus donner de jours à la vie ».

Accompagnée par l’association ELA, cette famille vit au jour le jour et profite de chaque moment. Malgré la perte de la marche, de la vue puis de l’ouïe de Thaïs qui finira par devoir rester couchée, nous percevons une enfant sereine pleine de vie qui force l’admiration de ses parents et la nôtre par tant de force et de courage.

Assister aux derniers jours d’une enfant par le biais du récit de sa mère est très difficile mais le plein d’amour communiqué nous faire voir la vie autrement et autrement plus belle.

Un passage que je voudrais vous faire partager :

« J’ai besoin de savoir, de me rassurer. Quand je plongeais mon regard dans celui de Thaïs, je voyais toujours une étincelle lumineuse. Elle m’aspirait, m’insufflait de la vie. J’approche mon visage du sien, jusqu’à le toucher et, un peu inquiète, je sonde ses grands yeux noirs. Je l’aperçois, cette petite flamme vive et brillante. Elle danse. « Je suis là. Je ne vois plus, mais je suis toujours là. La vie continue. » Elle me redonne espoir, m’emplit d’énergie et de courage. Cette lumière, c’est un éclat de l’âme de Thaïs. La phrase du Petit Prince vient s’incruster dans mes pensées, comme un tendre clin d’œil : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

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Robin, le jour où le ciel se déchira d’Annick et Bruno Richard: un témoignage émouvant et poignant…

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Il y a des jours  dont on se souviendra toute sa vie. Des jours où l’on se dit qu’un signe nous est donné, qu’on ne peut pas l’ignorer. C’est ce qui s’est passé hier après-midi alors que nous faisions nos courses avec mon chéri. A l’entrée du supermarché, j’ai été tout de suite attirée par un stand où une femme dédicaçait son livre. En tant que lectrice passionnée, le moindre livre attire mon attention. Mais ce qui m’a fait m’arrêter est la photo de ce jeune garçon, Robin, dont le visage ne m’était pas inconnu.

En me voyant devant le stand, la mère de ce jeune garçon vient me voir et commence à me parler de Robin, de son histoire. Je me souviens alors où j’ai vu son visage…à la télévision… Ce jeune garçon de 19 ans aujourd’hui a été frappé par la foudre il y a 5 ans lors d’un voyage scolaire. Il n’avait que 14 ans.

Ses parents ont écrits ce livre non seulement  pour raconter l’histoire de Robin mais également pour mettre en lumière ce qui reste trop souvent dans l’ombre, à savoir les incohérences et parfois même les incompétences du monde médical.

Je suis moi-même dans le milieu médical, para-médical exactement : je suis kinésithérapeute. J’ai discuté avec cette mère aimante et battante et l’envie de découvrir plus en détails l’histoire de Robin s’est faite pressante. Dès mon retour à la maison, j’ai ouvert ce livre et ai découvert alors la vie que ce jeune homme vit depuis maintenant 5 ans : la foudre ayant traversé son corps de part en part, Robin a eu de graves lésions cérébrales et corporelles l’empêchant de bouger à sa guise et est devenu muet à cause de sa mâchoire bloquée. Longtemps dans le coma, Robin a réussi à retrouver certains mouvements et le sourire grâce à l’amour de ses parents et leur détermination pour l’aider à s’en sortir.

Ce livre retrace son parcours dans différents centres de soins, dans le Midi où sa prise en charge laisse plus qu’à désirer, à Paris , les grèves de la faim de son père pour alerter les politiques sur la situation de son fils et sur la nécessité de lui faire pratiquer une opération de la mâchoire, les soutiens des ministres, d’associations et l’aide précieuse de certains médecins et chirurgiens. Grâce à ses parents et à leur rage face à la vie de leur fils, Robin est toujours en vie et fait des progrès tous les jours. Mais ces progrès pourraient être bien plus importants si sa prise en charge était, elle aussi, plus importante et c’est pour cela que se battent ses parents, si courageux.

Je suis spécialisée dans le domaine de l’infirmité cérébrale et du polyhandicap et je vois souvent des parents désemparés face aux diagnostics des médecins, au manque de structures adaptées et au manque de professionnels disponibles. J’ai donc été particulièrement émue lorsque j’ai lu que Robin n’avait pratiquement pas de rééducation et que son état pourrait être considérablement amélioré. Il y a encore beaucoup d’efforts à faire en France et, même si beaucoup de professionnels sont humains et se dévouent à leur travail, certains ont encore du chemin à faire…

Je me suis sentie très touchée par cette histoire, par cette famille qui se bat pour son fils ou son frère. La mère de Robin m’a beaucoup parlé du fait qu’ils n’arrivaient pas à trouver d’orthodontiste pour s’occuper de Robin.

Alors j’en profite pour faire passer ce message : si vous connaissez un orthodontiste sur la région parisienne, n’hésitez pas à me le dire par mail ou à contacter directement l’association de Robin à http://asso.robinrichard.free.fr

Je conserve ce livre précieusement pour les personnes de mon entourage qui aimeraient le lire et, s’ils le lisent, ils pourront y trouver ces mots écrits par la mère de Robin en dédicace : «  Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent et une confiance inébranlable en l’avenir. »

Bonne lecture !

Mon passage préféré :

« Une fois Robin remis, le bras soigné, nous le ramenons à Hyères. Pour nous, il est évident que notre fils n’est plus dans le coma.

Pourtant, les médecins nous disent : « Mais si, il est toujours dans le coma. » Nous demandons aux médecins un nouvel IRM pour savoir si réellement Robin est toujours dans le coma, mais cela nous est refusé.

C’est là que nous avons commencé à concevoir des doutes. Et peu à peu, nous comprenons ce que signifie le blocage des médecins : Robin, depuis qu’il est entré à San Salvadour, est destiné à rester dans ce centre, il est condamné à y rester à jamais. A son arrivée, il a été budgété sur plusieurs années, et il ne faut absolument pas, pour l’équilibre des finances de l’hôpital, qu’il parte ou bien que son état évolue. C’est la seule raison, budgétaire, matérielle, sordide, pour laquelle l’équipe de l’hôpital a nié la vérité, nous a menti.

(…)Nous vivons à une époque où on achète, on utilise, et quand ça ne marche plus, on jette. C’est l’ère du jetable, du superficiel et de l’éphémère. Mais la vie, la santé, la médecine, ne peuvent pas fonctionner sur ce mode ! »

Ecrit pour le blogzine des So Busy Girls

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