La mort de Radiguet, de Yukio Mishima

Petit clin d’œil au Salon du Livre de Paris où je suis allée il y a quelques jours et où le Japon était à l’honneur. En achetant divers ouvrages, on m’a offert, oui offert, une nouvelle de Yukio Mishima « La mort de Radiguet ». Je ne connaissais pas cet auteur japonais et je suis donc allée voir sa biographie sur Internet. J’ai découvert un écrivain, décédé en 1970, auteur d’une quarantaine de romans. Un homme très inspiré dans ses œuvres par l’Occident et sa manière de vivre et de s’habiller était visiblement très occidentalisée. J’ai donc mieux compris pourquoi la nouvelle que je vous présente aujourd’hui est une œuvre parlant de Paris et d’écrivains français, Jean Cocteau et Raymond Radiguet.

Une rencontre romancée entre ce poète et ce jeune romancier qui vont vivre d’hôtels en hôtels tout en écrivant. Une histoire brève qui va lier ces deux Français d’une amitié et d’une admiration respective indestructible. Brève car stoppée brutalement par la mort de Radiguet qui aura jusqu’à la fin à son chevet Jean Cocteau.

L’histoire de cette amitié nous est contée comme un flash-back vécu par Jean Cocteau qui se livre à son ami Max Jacob, tous deux assis au bord du Port de Villefranche. Une nouvelle donc une œuvre très courte, un côté tragique qui se révèle apparemment dans la plupart de ses œuvres mais une fluidité d’écriture très agréable et je comprends pourquoi cet auteur a été pressenti trois fois pour le Prix Nobel de la littérature.

Nouvelle qui m’a plu et qui m’a donné envie de découvrir cet auteur. Vu que je ne le connais pas, j’attends avec impatience les commentaires de celles et ceux qui auront déjà lu ces œuvres et qui sauront peut-être m’en conseiller.

Pour les amateurs de japonais, l’édition que j’ai reçue en cadeau comprend à la fois la traduction en français et le texte original en japonais.

Bonne lecture !

Mon meilleur passage :

« Tant que Radiguet était encore vivant… murmura Cocteau… nous avons vécu en compagnie du miracle. Moi, par l’étrange action de ce miracle toujours présent, je vivais enfin en accord avec le monde. J’avais l’impression que l’ordre qui le régit fonctionnait à merveille. Mais je n’avais nullement conscience de ce miracle : une rose aurait bien pu se mettre soudain à chanter, un ange s’abattre sur la table du petit déjeuner, des éclats de miroir d’un scintillement liquide se ficher comme des épines dans ma chair, un scaphandrier sortir de l’eau pour venir en trébuchant vers moi, un cheval tracer du bout de ses sabots des quatrains sur le marbre d’un jardin… cela m’aurait paru si naturel que je ne m’en serais pas étonné le moins du monde. A nos yeux, il n’y avait là que des évidences ».

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