Amour, Prozac et autres curiosités de Lucia Etxebarria, une histoire touchante et déjantée

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« La force n’est pas ce qu’on croit. La force ne se mesure pas à la masse musculaire ni au nombre de kilos  qu’une femme peut soulever. La force signifie surtout supporter, ne pas se briser. C’est une vertu féminine. »

J’ai choisi cette phrase pour commencer à vous mettre dans le bain de ce roman.

Trois jeunes femmes, trois sœurs, que tout semble opposer, avec leurs tares et leurs démons, qui malgré leurs vies bien différentes se retrouvent chacune à un carrefour de leur vie.

 On découvre tantôt Cristina, jeune barmaid de 24 ans, accro au sexe et à la drogue, qui passe ses journées à servir des jeunes gens sous ecstasy et à combler son temps libre et ses vides par des cachets et des hommes peu recommandables.

Ana, la sœur aînée, noie sa vie dans les cachets pour tenter d’oublier qu’elle ne mène pas la vie qu’elle voudrait et Rosa, pour qui la vie se résume à son travail, sans amants et sans amis, avale du Prozac pour rendre plus rose un quotidien bien trop terne.

Chaque chapitre nous fait en apprendre davantage sur l’enfance et la vie de ces trois jeunes femmes, pour qui tout pourrait sourire mais qui sont absorbées et noyées par de vieux souvenirs les empêchant d’avancer.

« On ne regrette pas les personnes qu’on a aimées. Ce qu’on regrette, c’est la partie de nous- mêmes qui s’en va avec elles. »

Abandonnées par une père égoïste, leurrées par des hommes sans états d’âmes, aveuglées par des amours impossibles et élevées par une mère dépassée, ces trois sœurs tentent à leur façon de survivre à ces déceptions sans se rendre compte qu’elles s’oublient dans des méandres et des addictions bien difficiles à surmonter.

Sexe, drogue, dépression, oubli de soi, Lucia Etxebarria trouve les mots pour décrire à quel point ces femmes ont été marquées par l’absence d’un père et par certains hommes.

Ces femmes qu’a priori tout oppose sont en réalité bien plus proches qu’elles ne l’imaginent et malgré leurs différents et leur incompréhension les unes par rapport aux autres, la recherche de soi et d’une identité va permettre à ces sœurs de mieux se comprendre.

Certaines scènes de sexe sont très crues, il ne faut pas le cacher bien sûr, mais ce roman m’a transportée de la première à la dernière page. La façon dont chacune se perd dans sa vie tout en essayant de le comprendre et de s’en sortir peut permettre, à mon sens, de s’identifier à ces femmes et de comprendre d’où viennent certains de nos comportements et par quoi ils sont influencés.

Un livre drôle, touchant, mais également plein de réflexion que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement.

« Il est temps d’apprendre que je ne peux me perdre dans la vie d’une autre personne sans avoir vécu celle qui m’appartient et que moi, et moi seule, peux combler mes propres vides. »

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Article publié également pour le blogzine des So Busy Girls

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Le sari rose de Javier Moro

Ce livre de Javier Moro vient de me faire voyager pendant plusieurs jours dans ce magnifique pays qu’est l’Inde. Un pays qui m’a toujours attiré bien que n’y étant jamais allée. Un pays aux diverses religions, aux coutumes ancestrales et à la vie politique tumultueuse.

Javier Moro nous romance la vie de Sonia Gandhi tout en s’appuyant sur des faits politiques réels.

Jeune femme italienne partie faire ses études en Angleterre, Sonia rencontre son futur mari, Rajiv Gandhi, venu lui aussi suivre des études au Royaume-Uni. Rajiv est le petit fils du très célèbre Nehru Gandhi, Premier Ministre Indien et fils d’Indira Gandhi qui suivra les traces de son père en arrivant à son tour au pouvoir.

La rencontre entre Sonia et Rajiv, de par les ascendances de ce dernier, va pour toujours changer la vie de Sonia. En l’épousant, elle fait de l’Inde son pays d’adoption et « la bru italienne » va devenir une indienne à part entière. Elle apprend l’hindi, porte le sari et vit sous le même toit que sa belle-mère comme le veut la tradition. Elle découvre la pauvreté des régions reculées de l’Inde et évolue dans une vie de politique menée par Indira Gandhi, devenue alors Premier Ministre. Rajiv et Sonia s’acharne à conserver une vie la plus normale possible, Rajiv continuant sa formation de pilote de ligne et Sonia élevant leurs enfants et s’occupant de sa belle-famille.

Ce livre est l’histoire du destin d’une italienne devenue « l’héritière de la dynastie des Gandhi ».

La politique est comme une langue étrangère pour moi, je ne me tiens pas forcément au courant des événements autant que je devrais le faire et je me rends compte depuis quelques années que mes lacunes en Histoire représentent un gouffre abyssal. Ce livre, bien que romancé sur la vie de cette italienne adoptée par l’Inde, est extrêmement bien renseigné sur l’évolution politique de l’Inde.

Il m’a été difficile de refermer ce livre, les personnages ayant vécu avec moi pendant ces longues heures de lecture. Je suis allée voir leurs photos sur internet afin de visualiser les visages de ces personnes qui ont transformé leur pays, qui se sont battus pour leurs opinions et qui sont entrés en politique, non par choix, mais par respect pour leurs pères. Une famille unie que celle des Nehru-Gandhi, envahie par la peur constante d’un attentat, dévastée par des assassinats mais qui a toujours gardé la tête haute et qui n’hésitait pas à aller embrasser les pauvres pour leur témoigner leur soutien.

Un très beau livre que je conseille à tous les amoureux de l’Inde et aux adeptes d’Histoire. J’ai énormément appris avec ce livre et la chaleur humaine qui s’en dégage m’enveloppe encore lorsque je vous écris ces quelques lignes.

Je vous livre toujours mon passage préféré à chaque fin de critique. J’ai presque envie de tout vous réécrire tellement ce livre m’a plu. Il m’a été très difficile de vous en choisir un, mais j’espère que celui-ci vous plaira.

Bonne lecture

Ce livre a été dans la cadre d’une lecture commune avec Blanche de Castille. Vous pouvez retrouver son article ici

Mon meilleur passage :

« La rêverie, douce et douloureuse à la fois, ne dure pas longtemps, mais elle est très intense, car les morts vivent dans le cœur des vivants qui les ont aimés. Quand elle rouvre les yeux, elle promène son regard sur les autres photos. Elle les a vues des millions de fois, mais aujourd’hui elle a plaisir de les détailler de nouveau, l’une après l’autre, peut-être parce qu’elles lui rappellent le sens de sa vie. Rajiv et son sourire continuent de faire tressaillir son cœur, et il en sera toujours ainsi ; Indira aussi, avec sa capacité de rire d’elle-même, de ne jamais oublier l’anniversaire ou la maladie d’un enfant malgré les soucis causées par les affaires d’Etat. Maintenant plus que jamais, Sonia est consciente d’avoir hérité de sa belle-mère la « mystique de la dynastie », et d’appliquer de son mieux tout ce qu’elle a appris à ses côtés : la patience, la ténacité, l’audace, le courage et le sens de l’à-propos… Son regard s’arrête sur une petite photo posée sur une table immortalisant Gandhi auprès de Nehru. Au cours des tristes jours qui avaient suivi la mort d’Indira, elle s’était réfugiée dans la correspondance de sa belle-mère comme si elle pouvait ainsi communiquer avec elle. Mais, sans le savoir, Sonia a aussi appris quelques vérités sur la manière de faire de la politique à cette occasion. Parmi les papiers d’Indira, elle est tombée sur un texte du mahatma adressé à Nehru : «  N’aie pas peur, aie foi dans la vérité. Prête l’oreille aux doléances de ton peuple, mais assure-toi en même temps que tu acquiers assez de stature morale pour te faire respecter. Sois démocrate, mais valorise la seule aristocratie qui importe vraiment : la noblesse de l’esprit. »

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L’ombre du vent de CArlos Ruiz Zafon

C’est un roman plein de rebondissements et d’intrigues que nous offre ici Carlors Ruiz Zafon que je découvre avec ce livre.

Un roman halletant de la première à la dernière page.

Dans l’Espagne des années 50, le père de Daniel lui fait découvrir le Cimetière des livres oubliés lorsqu’il a une dizaine d’années. Un lieu empli de secrets et de mystères, découvert de père en fils. Comme son nom l’indique, ce cimetière est une bibliothèque gigantesque remplie de vieux livres abandonnés des lecteurs, rejetés des rayons des librairies et en attente d’une nouvelle vie.

Chaque personne découvrant ce cimetière se doit de choisir un livre et se promet de le garder et de le protéger tout au long de sa vie.

Daniel choisi son livre: L’ombre du Vent de Julian Carax. Un livre qui va changer le cours de sa vie…

En effet, un personnage étrange va faire son apparition dans la vie de Daniel quelques temps après la sortie de « L’ombre du vent » du cimetière des livres oubliés. Un personnage au visage brûlé par les flammes, ne sortant que la nuit et qui veut à tout prix s’approprier le livre de Daniel pour le brûler.

Menant son enquête, Daniel apprend que toutes les oeuvres de Julian Carax ont été mystérieusement brûlées au cours des dernières années.

Fidèle à sa promesse, Daniel se retrouve au coeur des secrets d’une Barcelone en pleine guerre afin d’élucider le mystère de « L’ombre du vent ».

Entre amour, meurtres, jalousie et trahison, nous voici emportés dans une quête de la vérité toute aussi surprenante que passionnante.

A chaque chapitre, de nouvelles informations et découvertes s’offrent à nous tout en rajoutant encore un peu d’énigmes à l’affaire Carax. J’ai été tenue en haleine jusqu’à la fin du livre et j’ai beaucoup aimé le fait qu’un vieux roman, perdu aux fins fonds d’une bibliothèque puisse à ce point faire émerger une telle enquête et une telle ardeur à la résoudre.

Carlos Ruiz Zafon est un très bon auteur et sait parfaitement manier le style pour nous faire frissonner.

Je conseille ce livre à tous les amateurs et amatrices de suspens.

Bonne lecture.

Mon meilleur passage:

   » Sans plus de cérémonie, je repartis en me fiant aux repères laissés à l’aller. Tandis que je traversais des tunnels entiers de livres dans l’obscurité, je ne pus éviter une sensation de tristesse et de découragement. Je pensais que si j’avais découvert tout un univers dans un seul livre inconnu au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de milliers de livres resteraient inexplorés, à jamais abandonnés, d’univers et d’âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que le monde qui palpitaient au-dehors perdait la mémoire sans s’en rendre compte, jour après jour, se croyant plus sage à mesure qu’il oubliait. »