« Sur l’île, une prison » de Maurizio Torchio

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Premier roman des Editions Denoël pour cette rentrée littéraire. Un roman au sein d’une prison dans laquelle les lois diffèrent en tous points des règles de l’extérieur.

Quatrième de couverture:

« Du tréfonds d’une cellule s’élève une voix. Celle d’un homme placé à l’isolement. Toro a été emprisonné après avoir enlevé la fille d’un patron local, surnommée  « la Princesse du café ». Le jour où il tue un gardien, il est alors condamné à perpétuité. Toro raconte tout: les relations entre gardiens et détenus, les rivalités et la solidarité entre les prisonniers eux-mêmes. Il décrit la nourriture, le sexe, le monde extérieur, l’attachement désespéré aux objets, les jours et les nuits qui se confondent – tous les détails, même les plus infimes, sont rapportés avec une minutie sans pitié.

  Sur l’île, une prison est un roman puissant et hypnotique qui plonge le lecteur dans un univers où l’espace et le temps, le bien et le mal, la lâcheté et le courage tels qu’on les connaît n’ont plus courts. Dans la lignée d’Un prophète, de Jacques Audiard, Maurizio Torchio nous livre un récit fascinant et inoubliable, dépourvu de tout jugement ou complaisance, sur la vie carcérale. »

Mon avis:

Un texte intéressant mais qui n’a pourtant pas su me passionner plus que cela. L’abord est pourtant intrigant: un détenu nous parle de la vie carcérale, de ses coulisses, de ses secrets. Des raisons pour lesquelles il est incarcéré, certains chapitres nous parlent même des quelques semaines pendant lesquelles il a vécu avec cette femme dont il a participé à l’enlèvement et de son attachement progressif à cette femme. J’ai presque préféré ces moments où nous vivons avec le kidnappeur la relation qui s’établit avec la kidnappé.

Les coulisses de la prison nous permettent d’en apprendre plus sur ce que vivent les détenus mais surtout sur les lois qui régissent le milieu carcéral. Les relations avec les gardiens, la reconnaissance de certains bruits qui annoncent soit un passage à tabac imminent soit l’heure de déjeuner ou encore ce que peuvent signifier l’absence de bruits.

J’ai beaucoup aimé lorsque que le narrateur nous décrit ses conditions de vie en isolement: le silence, comment s’occuper l’esprit sans devenir fou, les cauchemars faits chaque nuit et les envies de violence qui en résultent. J’ai été un peu perdue dans les personnages par rapport à ce que décrivait le quatrième de couverture mais dans l’ensemble la lecture est intéressante.

Certaines anecdotes comme celles de la correspondance d’un détenu avec une femme et les conséquences que cela a sur les autres détenus m’a amusée et c’est grâce à ce genre de détails que j’ai réussi à m’imaginer la vie en prison, sur cette île coupée du monde reliée par quelques ferries en provenance du continent.

Une vie enfermée, différente, réglée et minutée mais dans laquelle pour survivre il faut faire respecter ses lois tout en appliquant le règlement.

Un lecture intéressante mais qui a un peu manqué de piquant à mon goût.

Bonne lecture!

Petit extrait:

« Commandant m’a toujours parlé, bien que parfaitement conscient que je ne collaborerais jamais, et j’ai tué un des leurs. Bien conscient qu’un gardien qui parle avec un détenu sans objectif précis risque de passer pour un ami des détenus et que cette étiquette lui collera à jamais. Personne ne s’assoira plus à côté de lui à la cantine des gardiens. Personne ne lui offrira une bière. Même les détenus le traiteront mal, parce qu’ils sauront qu’ils ont carte blanche. Un gardien ami des détenus, c’est comme s’il n’avait pas de collègues: personne ne bougera un doigt pour le défendre, on peut lui dire et faire ce qu’on veut. »

 

« Sur l’île, une prison », Maurizio Torchio, traduit de l’italien par  Editions Denoël, Aout 2016, 256 pages

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