« Sous terre » de Rodolfo Fogwill

sous terre

Je vais vous présenter aujourd’hui un classique de la littérature argentine qui est traduit en français pour la première fois et qui est paru au Editions Denoël en Avril de cette année.

Un roman court, poignant, une écriture particulière qui retranscrit le quotidien de soldats en pleine guerre des Iles Malouines entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

Quatrième de couverture:

 » Début Juin 1982, au plus froid de l’hiver des îles Malouines. Les soldats Pipo et Quiquito, ainsi que vingt-deux autres jeunes recrues ayant désertés l’armée argentine, passent les ultimes semaines de guerre tapis dans l’obscurité d’une grotte souterraine. Terrifiés, ils se cachent avec leurs compagnons d’infortune dans les tunnels de cette île si inhospitalière, où règnent le blizzard et la grisaille. La nuit, ils s’aventurent à la surface pour se ravitailler tant bien que mal. Puis ils regagnent leur tanière au lever du jour, où ils attendent, au son de la radio anglaise, des bombes assourdissantes et des histoires qu’ils se racontent inlassablement, la fin de la guerre. 

Fogwill tire de ce conflit violent et méconnu un court récit d’une force inouïe. Il nous parle de la guerre, de ces êtres sommés d’y risquer leur peau, pour une cause absurde et perdue d’avance. »

Mon avis:

J’ai eu un peu de mal au départ avec l’écriture et le style de l’écrivain. Je n’arrivais pas  à m’approprier  le roman, à m’attacher aux personnages. Puis la lecture se poursuivant, je suis entrée dans l’histoire et dans le quotidien de ces soldats appelés tatous. ces tatous tapis sous terre, invisibles et en même temps bien vivants. Obligés de vivre dans des conditions terribles pour survivre et priant pour que la fin de la guerre approche.

Le roman est conté par un des survivants lorsqu’il parle à un psychologue, c’est ce qui fait que le style est parfois très oral et les discours retranscrits tels quels. Lorsque je m’y suis habituée, j’ai vu toute l’horreur qu’était cette guerre et cette vie et j’ai, pendant un temps, fait partie de ces tatous au plein cœur des îles Malouines, j’ai entendu et ressenti les bombardements, j’ai senti le froid, les démangeaisons, j’ai eu faim et sommeil, j’ai souffert avec eux.

Je comprends pourquoi ce roman est un classique de la littérature argentine car il retranscrit à merveille les conditions de vie de l’époque de ces soldats.

Un roman historique raconté de façon originale que je conseille aux amateurs d’Histoire.

Bonne lecture!!

Petit extrait:

 » Mais les voir, eux, après avoir vu des vrais gens dans la vraie vie ça montrait que les tatous ne passeraient pas l’hiver. Ils ne ressemblaient plus à rien: le visage gonflé – peut-être par la fumée du poêle -, la barbe poussée, les yeux secs et très enfoncés, les cheveux durcis comme du cuir au sommet du crâne et les pommettes rouges comme celles des singes, grillées par le froid et par les brûlures datant du début de la guerre. 

Le visage, là où il n’y avait ni barbe ni écorchures, c’était de la peau noire, encroûtée d’un mélange de graisse utilisée contre le froid et l’argile du Terrier. Parfois, l’un ouvrait la bouche pour rire ou bâiller et c’était incroyable de voir sa langue humide, rouge et décapée. A voir leurs têtes, on aurait vraiment dit qu’ils étaient aussi déjà pourris, secs et noirs à l’intérieur! »

 

Sous terre, Rodolfo Fogwill, traduit de l’espagnol (Argentine) par Séverine Rosset, Editions Denoël, Avril 2016, 192 pages. 

 

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