« La 2 CV Verte » de Manu Causse: un conte où folie et réalité se côtoient de près

2 cv

Je vais vous parler aujourd’hui d’une histoire qui m’a beaucoup touchée par son imaginaire et son émotion. L’histoire d’un père et de son fils, d’un handicap et de désespoir, d’un chat qui parle et d’un gendarme sensible. Un conte sur l’amour dans lequel une 2 CV verte va changer bien des choses. Un livre coup de cœur pour moi!

Quatrième de couverture:

« Isaac est un petit garçon vide. Un corps, des yeux, mais rien à l’intérieur. Il ne parle pas- sauf quand il hurle. Ses parents se sont détruits peu à peu à coups d’amertume et de culpabilité. 

  Eric, le père, est épuisé et désemparé. Jusqu’au jour où il hérite d’une vieille 2 CV – une 2 CV verte. Et quand Isaac la voit, quelque chose change. Tout s’emballe: le père décide d’enlever son fils de la clinique et de partir à l’aventure au volant de la 2 CV. Aidés par une adolescente lunatique, traqués par un gendarme amateur de champignons et accompagnés d’un chaton bavard et arrogant, le père et le fils nous plongent dans un conte initiatique tendre et loufoque. »

Mon avis:

  Ce livre a eu ce petit plus qui fera en sorte qu’il fera partie de mes livres préférés. Par son originalité ainsi que sur le thème de l’histoire. On y parle de handicap. Je le côtoie de par ma vie privée et ma vie professionnelle donc c’est un sujet qui me parle et auquel je suis très sensible. Mais ici, nous ne sommes pas dans une biographie ou une auto-biographie. C’est un conte, une fiction dans laquelle la douleur, le désespoir et la folie d’un père vont le mener à enlever son fils pour tenter quoi…il n’en est pas sûr. Chaque personnage a son grain de folie et d’originalité. Certains sont bien réels, d’autre fictifs comme ce chaton qui parle, ou encore ce vieux, fantôme restant aux côtés du père et du fils. Les personnages sont attachants, mais l’auteur a parfois mis une distance entre le lecteur et les personnages en ne les nommant plus par leurs prénoms mais par « le fils », « le père »…

Une grande partie du roman se passe dans cette voiture ou autour de cette voiture verte. Elle est le point de départ de cette aventure. Elle est pleine de souvenirs et poursuit son histoire avec le père et son fils. D’autres personnages fictifs y sont aussi. Elle emmène tout ce joli petit monde vers des chemins inconnus sans laisser insensibles les personnes qui la croisent. 

On se plaît à voir une sorte de relation émerger entre le père et le fils malgré le silence de ce dernier.  On veut croire à un déclic, que cette aventure va débloquer cette distance que le handicap impose, que cette voiture va les emmener là où les médecins ne peuvent rien. Et on veut savoir jusqu’où va aller ce père pour sauver son fils, qu’a-t-il derrière la tête…

J’ai eu peur à un moment du récit, très peur même. J’ai eu peur de ce que l’auteur allait faire, peur de la tournure qu’il allait faire prendre aux événements…c’est dire mon implication dans ce récit.

L’originalité de ce roman réside également dans l’écriture. Un style qui sort de l’ordinaire, farfelu parfois mais parfait pour ce conte. 

J’ai adoré ce roman, je me suis attachée aux personnages et surtout bien sûr au père et à son fils. Un père perdu dans une relation impossible avec son fils, guidé par le désespoir, mais qui s’accroche à chaque changement d’attitude, à chaque regard volé et qui veut voir des progrès là où tout espoir a disparu.

Certaines personnes n’ont pas accroché avec ce roman, certains à cause de sa trop grande originalité, d’autres parce que l’histoire ne leur a pas parlé et je peux le comprendre. De mon côté ce sont tout cela qui font que j’ai adoré ce livre.

Voici une interview de l’auteur qui aide à mieux comprendre ce roman et qui j’espère vous donnera encore plus envie de lire ce livre.

http://bscnews.fr/201604115449/decouvertes/manu-causse-jaime-lidee-dun-roman-centre-sur-la-folie.html

Ce conte original et touchant mérite d’être lu par le plus grand nombre et je remercie beaucoup les Editions Denoël pour cet envoi.

Bonne lecture!!

 

Petits extraits:

« Sur son visage, on lit tout ce qu’il y a à savoir du parc de la clinique – son gazon soigné, ses arbres centenaires, ses allées silencieuses. Ses cinglés qui s’agitent. Ses tarés qui se branlent, ses malades qui se giflent le visage en poussant des cris d’animaux. Les infirmiers qui attendent que le sang coule pour intervenir. L’absence totale, irrémédiable, du bassin et des carpes, d’enfants qui jouent. De vie. Le parc de la clinique n’a rien à voir avec Benny Hill. Chaque fois que le père y va, il lui prend des sueurs froides. Il regarde du coin de l’œil les murs se rapprocher de lui, les pigeons aux masques de zombies. Et son fils au milieu de tout ça. »

 » Le petit est debout, sous les arbres, près du grillage. Les arbres et le grillage sont bien plus grands que lui. Le ciel est par-dessus  leur tête – en haut, pense-t-on. Sauf que non. C’est le cerveau qui mesure l’attraction terrestre pour indiquer arbitrairement un haut et un bas. Dans l’espace, il n’y a ni l’un ni l’autre. Au fond, on peut se représenter le petit pendu par les pieds, tête en bas, avec des milliards de trous noirs qui guettent sa chute. Seule l’attraction terrestre le retient de tomber, collé par ses baskets sales à la terre humide du parc. »

 

« La  2 CV verte » de Manu Causse, publié le 10/03/2016 aux Editions Denoël, 304 pages. 

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