« Une autre idée du silence » de Robyn Cadwallader

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Une très belle histoire du temps du Moyen-Age que je vous présente aujourd’hui. L’histoire d’une jeune fille qui, par amour pour Dieu et pour s’éloigner d’une vie matérielle décide de vivre recluse dans une cellule pour le restant de ses jours.

Quatrième de couverture:

» Angleterre, 1255. A seulement dix-sept ans, Sarah décide de devenir anachorète. Dévouée à Dieu, elle vivra recluse dans une petite cellule mesurant neuf pas sur sept à côté de l’église du village. Fuyant le deuil de sa sœur adorée, morte en couches, et la pression d’un mariage imposé, elle choisit de renoncer au monde- à ses dangers, ses désirs et ses tentations-pour se tourner vers une vie de prière. Mais petit à petit elle comprend que les murs épais de sa cellule ne pourront la protéger du monde extérieur.

Une autre idée du silence raconte l’histoire intemporelle d’une femme rebelle, prête à des sacrifices inimaginables pour se libérer des chaînes de la société. Elle enchante et hante le lecteur jusqu’à la dernière page. »

Mon avis:

Cette histoire m’a tout de suite fait penser au roman de Carole Martinez  » Du domaine des murmures » que j’avais adoré. Une jeune fille décidant de changer totalement de vie et de vivre enfermée à jamais dans une cellule à l’abri des regards et des tentations.

Ici, Sarah croit avoir pris la bonne décision en renonçant au monde et désire plus que tout ressembler à ces anciennes recluses devenues saintes par leur comportement et leur pureté. Les pertes d’être chers et les pressions insistantes d’un homme l’ont conduit à vouloir vivre cette vie de recluse. Elle veut être un exemple, fait ses prières, refuse toute nourriture hormis de la soupe et du pain. Elle doit, de par son nouveau statut, donner conseils aux femmes du village sans prendre parti, ne pas s’adresser aux hommes sauf à son confesseur et à l’évêque. De l’autre côté de sa cellule vivent ses deux servantes, Louise et Anna, qui sont chargées de lui apporter tout ce dont elle a besoin, de veiller sur elle. Sarah, en retour doit veiller au bon comportement de ses servantes et à parfaire leur éducation.

J’ai tout de suite senti que Sarah avait des doutes sur son vœu d’être recluse. Elle aime Dieu et lui voue un culte incommensurable mais les tentations du monde extérieur la tiraille de plus en plus et malgré ses prières et ses confessions, elle ne parvient pas à oublier sa vie d’avant. On peut difficilement imaginer prendre une telle décision et Sarah m’a impressionnée par son courage et sa volonté. Mais l’enfermement, volontaire ou non, provoque des réactions parfois étranges et peu à peu, Sarah sent des présences, divines ou non, a des visions et crois entendre des voix.

L’auteur a très bien décrit la façon dont Sarah évolue au sein de sa cellule. Les questions qu’elle se pose, les douleurs qu’elle s’impose pour se faire pardonner, sa terreur d’être tenter et son vœu le plus cher d’assurer son rôle de recluse du mieux possible. Car une recluse est une personne presque vénérée dans un village et sa pureté amène un sentiment rassurant chez certaines villageoises.

J’ai presque eu envie de dire à Sarah de sortir de cette cellule, d’oublier son souhait de s’isoler du reste du monde alors que tant de belles choses sont à l’extérieur. Elle s’en rend compte progressivement mais ne peut se résoudre à faillir à ses vœux.

Au côté du père Ranaulf, son confesseur, Sarah apprend de son enfermement, voit sa jeune servante Anna avoir des difficultés à suivre ses conseils, se prend d’amitié pour une petite fille curieuse de tout et surtout en apprend plus sur sa foi et sur son amour pour Dieu. Pour elle, la foi était synonyme de dévotion totale, de mise à l’écart du monde extérieur mais les mois passant vont lui apprendre que la foi est principalement dans son cœur.

Ce roman est vraiment très bien écrit. Pas un seul temps mort, on ne s’essouffle pas et le cheminement de Sarah est presque envoûtant.

Beaucoup de réflexions, un livre qui fait même réfléchir sur la condition de la femme à cette époque et sur l’image qu’elle se doit de renvoyer.

La présence de Dieu en ce temps là était omniprésente et l’on faisait appel à lui pour tout. Une recluse était vue comme une bénédiction et le rôle de son confesseur était de tout faire pour qu’elle ne veuille pas partir…

Une lecture très appréciée que je vous conseille vivement. Malgré les 400 pages, c’est un livre qui se lit vraiment très vite et dont l’écriture a une fluidité plus qu’appréciable.

Bonne lecture!

 

Petit extrait:

« J’avais cru tout braver en venant ici, avoir le courage de regarder le sol en bas, sauter dans le vide, risquer la mort et continuer à vivre. Mais en réalité, j’avais été comme un oiseau effrayé se terrant dans son nid, je m’étais cachée de mon propre corps. J’avais renoncé au risque de mourir et, par là, j’avais renoncé à voler. »

 

Titre: « Une autre idée du silence »

Auteur: Robyn Cadwallader

Traduit de l’anglais ( Australie) par Perrine Chambon et Arnaud Baignot

Paru chez les Editions Denoël et d’ailleurs le 03/09/2015

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