« La mer couleur de vin » de Leonardo Sciascia

la mer

La mafia…. tant de films, de séries et de romans en on été inspirés. Les gangs, les vendettas, les histoires de famille, les règlements de compte; la mafia intrigue, inquiète, fascine et terrifie en même temps.

Leonardo Sciascia, sicilien de naissance, a écrit ce recueil de nouvelles entre 1959 et 1972 et évoque, à travers ces treize récits, l’importance de la religion dans les régions siciliennes, l’impact de la mafia sur la population et le poids de certaines traditions.

Un peuple pauvre, luttant pour survivre face à une mafia puissante et omniprésente.

Déjà publié en 1973, cette réédition m’a permis de découvrir cet auteur italien et d’en apprendre beaucoup sur la Sicile du début 19ème ainsi que sur l’action de la mafia et sur son emprise.

Certains récits m’ont fait sourire par leurs dénouements ou leurs situations parfois cocasses:  un mafioso qui doit se présenter devant le juge et apprend dans le dictionnaire la définition du mot « mafia » pour réussir à se défendre, un jeune enchaînant les larcins et meurtres mais s’en sortant systématiquement car passant pour l’idiot du village, une femme découvrant que son mari veut sa mort…

D’autres en revanche m’ont marquée voire même fait frissonner car touchant directement aux bonnes valeurs des gens, à leurs bonnes âmes et à leurs naïvetés et surtout à leurs envies de s’en sortir dans une Sicile où l’argent manque cruellement: le départ de certaines femmes en Allemagne pour y être recrutées dans des usines, des habitants désireux de quitter la Sicile par tous les moyens et croyant traverser de nuit, dans une barque de fortune, l’océan pour rejoindre l’Amérique ou encore une jeune femme obligé d’épouser un vieillard pour sauver sa sœur.

C »est une lecture que j’ai apprécié et que je recommande car enrichissante à tout point de vue. Un livre qui se lit facilement car composé de récits très courts et chaque histoire nous plonge dans un univers totalement différent ce qui enrichi et anime la lecture.

Je remercie les Editions Denoël pour l’envoi de ce livre.

Bonne lecture!

 

Un petit extrait:

« – …ou bien, et cela te plaira encore moins, il dit qu’en Toscane le mot maffia signifie misère : « La vraie misère est de se croire un homme supérieur par la seule force brute, qui ne démontre qu’une grande sauvagerie, et de n’être donc qu’un grand imbécile. » Cela te plaît?

– Ça me fait vomir.

– Mais il ajoute ensuite: « Sûreté de soi, apparente audace: crânerie. »

– Il commence à y voir plus clair. »

 

 

 

« La mer couleur de vin » de Leonardo SCIASCIA

Traduit de l’italien par Jacques de Pressac

Parution le 13/05/2015 aux Editions Denoël et d’Ailleurs

 

 

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