Récit d’un branleur, de Samuel Benchetrit

Samuel Benchetrit est metteur en scène et réalisateur de cinéma. Les acteurs qui ont joué dans ses réalisations sont, entre autres, Marie Trintignant, François Cluzet ou encore Christophe Lambert. Avec aussi plusieurs livres à son actif, voici une de ses œuvres, « Récit d’un branleur ».

Roman est un aimant à plaintes. Qu’il soit tranquillement assis à prendre son déjeuner, assis sur un banc ou encore à attendre le bus, il attire les anxieux, les tourmentés et les dépressifs. Ils viennent lui déblatérer leurs problèmes, leurs questions existentielles et cela, Roman le vit depuis toujours.

Malgré les plaintes et autres discours déprimants entendus à longueur de journée, Roman considère la vie comme simple et sans complications. Il a décidé de ne pas travailler car il a entendu dire qu’il ne trouverait pas de travail. Il a donc opté pour la facilité et n’en a jamais cherché. Il aime manger son onglet à l’échalote dans un café et n’a pas de femme dans sa vie.

Un jour, sa tante alcoolique décide de partir en cure de désintoxication et lui confie son chien ainsi qu’une belle somme d’argent pour que ce dernier ne manque de rien.

Une idée va alors lui venir à l’esprit alors qu’un homme parmi tant d’autres vient lui parler de ses soucis et lui offre une bière comme pour payer un service.

Roman décide de créer sa propre entreprise «  La société des plaintes ». Il va se faire payer pour écouter le malheur des gens. Et ça marche !! Nombres de personnes découragées par la vie viennent dépenser leur argent juste pour se faire écouter et vider leur sac.

Il a alors un travail et pour avoir une vie rêvée, il ne lui manque plus qu’une femme. Un fait divers va alors attirer son attention. Une ancienne élève de sa classe vient d’être arrêtée pour avoir tué deux patrons d’un café. Par une attirance et un intérêt inexpliqués, Roman va tenter de retrouver cette femme détenue derrière les barreaux et va s’imaginer une vie qu’il n’a pas eue.

Les plaintes entendues à longueur d’années sans avoir osé protester,  les frustrations de manger son onglet froid car il écoutait encore et encore des histoires à mourir d’ennui ont transformé Roman en un homme en quête de bonheur et de sens à sa vie. Un bon remède à la déprime qui peut nous faire relativiser sur nos petits problèmes sans importance.

Mon meilleur passage :

«  Rien à foutre de savoir si ça m’intéressait. Il s’en moquait bien de mon bout de viande qui devenait froid. De bouffer chaud c’était pas normal pour lui. Il se posait des vraies questions. Ceux qui ont des grands problèmes se moquent des autres comme moi qui en ont des petits. Il devait même penser que c’était un honneur de laisser refroidir mon repas pour l’entendre raconter ses conneries. J’aurais pu être sourd que ça l’aurait pas empêché de continuer. Ces types-là, ils vous voient comme deux oreilles géantes mises au monde pour n’entendre que de longues plaintes.

Et moi, avec mes deux grandes oreilles géantes et ma lâcheté naturelle, j’étais bien trop faux-cul pour lui dire que j’en avais rien à cirer de sa fin du monde ».

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