La vie d’une autre de Frederique Deghelt

  Avoir la gueule de bois et avoir oublié certains détails de la soirée de la veille c’est arrivé à une grande majorité d’entre nous mais oublier 12 ans en une nuit c’est beaucoup moins commun.

C’est pourtant ce qui est arrivé à Marie, l’héroïne de ce roman. Un beau matin elle se réveille persuadée d’avoir rencontré Pablo la veille dans une soirée et se rend compte qu’elle est mariée avec lui depuis 12 ans et qu’ils ont 3 enfants. Quoi de plus perturbant pour une jeune femme de 25 ans de se réveiller un beau matin à 37 ans , de se découvrir femme et mère sans avoir la moindre idée de la raison de cette amnésie.

Elle décide de ne pas en parler à son mari et part , seule, à la découverte de ces 12 années écoulées, à travers les photos, les notes, les emails, les propos d’amis en tentant tant bien que mal de faire illusion et de retrouver les raisons qui ont provoqué cet oubli.

C’est un livre prenant de la première à la dernière page. On lit quelques pages, on le repose, on va travailler, faire ses courses, passer des coups de téléphone mais on pense toujours à Marie, pourquoi a-t-elle tout oublié? va-t-elle retrouver la mémoire? va-t-elle en parler à son mari?

Chacune d’entre nous peut se reconnaître dans le personnage de Marie, dans la peur du temps qui passe tout en gardant tout le positif que la vie peut apporter, dans les choix que nous faisons qui oriente notre vie.

Nous avons tous eu ces moments où l’on se réveille et où l’on se dit: ces dernières années sont passées si vite…

Bonne lecture

Mon meilleur passage:

  « A pas lents, je me dirige vers l’immeuble, en espérant que la gardienne aura un double des clés. Il faut que j’arrive à rentrer dans l’appartement, que je trouve de l’argent, des indices pour comprendre comment j’en suis arrivée là. Douze ans plus tard, a dit pablo. Je jette un coup d’oeil au journal en passant. Vendredi 12 Mai 2000. Je reste longtemps hébétée devant le présentoir du kiosque. Prends-le Marie, tu me le payeras plus tard, me crie une grosse bonne femme en sortant une pile de magasines d’un emballage en plastique. 

  Hier soir, nous étions encore en 1988. Jeudi 12 Mai. Un jour de décalage. C’est noir sur blanc, et ça veut dire que douze années se sont écoulées. En 1988, où je crois être encore, je viens de rencontrer Pablo. Mais en 2000, où je viens d’arriver, nous avons deux enfants. Mais moi, où suis-je dans tout ça? Je ne me souviens de rien… Sinon du Septième étage d’une rue de Montmartre. Je revois Pablo m’emmenant sur le balon admirer le Sacré-Coeur. Pablo, la tête enfouie dans mon corsage, hurlant au milieu des fleurs qu’il me désire. Pablo qui, pour l’instant, est mon seul lien avec la veille.

  Que s’est-il passé pendant douze ans? »

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